Lien vers ce message 07 Mars 2011, 10:39
L’alcoolisme est une maladie dévastatrice, responsable en France de 120 morts par jour pour laquelle il n’existe à ce jour toujours pas de traitement véritablement efficace.

Olivier Ameisen, Professeur de médecine et de cardiologie et expert en addictologie à l’université de l’Etat de New York, atteint lui même de cette maladie et réfractaire à tous les traitements disponibles, a très vite été persuadé que cette maladie avait une base neuro-biologique et que le craving en était la clé ; il est en effet admis par la communauté scientifique que l’intensité du craving dans la maladie alcoolique est prédictif du taux de rechute du malade.

Il cherche alors dans la littérature les médicaments susceptibles d’agir sur le craving et découvre l’efficacité du baclofène sur des rats rendus dépendants : cet effet est dose dépendant, à hautes doses (5mg/kg) ; plus aucun animal n'éprouve le besoin de consommer, aucun autre médicament n’a cet effet.

Il découvre en outre l’efficacité du baclofène sur la réduction du craving humain à travers les travaux de l’équipe romaine conduite par G.Addolorato, ainsi que la possibilité de prendre jusqu’à 300mg par voie orale , puisque cette pratique est déjà utilisée par certains neurologues qui considèrent en effet l’administration par voie intrathécale dangereuse (complications infectieuses fréquentes).

Devant ces résultats, il émet le postulat que ce qui arrive aux rats peut s’appliquer à l’homme et décide alors de s’administrer du baclofène à haute dose ; à la dose de 270mg/jour il devient indifférent à l’alcool.
Après avoir tenté sans succès d’alerter la communauté scientifique en publiant en 2004 son « case report », il publie en 2008 un livre grand public « le dernier verre » édition Denoel.

Le baclofène est une ancienne molécule commercialisée depuis plus de quarante ans sous le nom de Liorésal. C’est un myorelaxant agissant comme agoniste des récepteurs GABA-B ; elle a reçu son autorisation de mise sur le marché (AMM), avec pour seule indication la spasticité d’origine neurologique.

Ses effets secondaires bien connus surviennent principalement en début de traitement, lorsqu'on augmente trop rapidement la posologie ou lorsqu'on utilise des doses élevées. Ils imposent rarement l'arrêt du traitement. Les principaux effets secondaires sont la fatigue, la somnolence, les nausées.

Concernant sa sécurité d’emploi, aucun décès n’a jamais été constaté en prise orale même à des doses extrêmement fortes prises par des personnes tentant de mettre fin à leur jour. Par ailleurs, aucun cas de complications irréversibles dû à une prise de baclofène par voie orale n’a été rapporté dans la littérature ou par les centres anti-poison depuis que le baclofène est utilisé.

Depuis la sortie du livre « le dernier verre » en octobre 2008 par lequel le Professeur Olivier Ameisen a fait connaître sa découverte, des malades alcooliques ont réclamé le traitement et des médecins se sont mis à prescrire le baclofène, le succès a très souvent été au rendez-vous.
Depuis la sortie du livre « le dernier verre » en octobre 2008 par lequel le Professeur Olivier Ameisen a fait connaître sa découverte, des malades alcooliques ont réclamé le traitement et des médecins se sont mis à prescrire le baclofène, le succès a très souvent été au rendez-vous.

L’Afssaps a recensé dernièrement 20 000 prescriptions de baclofène hors AMM, de plus en plus de médecins prescrivent du baclofène dans le cadre de l’alcoolisme.
Renaud de Beaurepaire, Psychiatre et chef de service l’hôpital P. Guiraud de Villejuif, a été le premier à prescrire en France.

Voici ce qu'il écrit dans son très bel éditorial (le courrier des addictions – N°3 septembre 2010) :

« Un jour, forcément, quelqu’un écrira l’histoire du baclofène. Avec, en toile de fond, cette question, ou plutôt cette énigme : pourquoi des médecins ont pendant si longtemps regardé se dégrader et mourir devant eux des malades atteints d’une maladie, l’alcoolisme, alors qu’ils avaient à portée de main un médicament qui la guérissait ? Des médecins qui ont même refusé de le prescrire ! Une énigme et un scandale, une honte pour la médecine. Le journaliste qui l’écrira sera sans pitié. Les mauvais prétextes, discours mensongers, intérêts financiers et industriels, tous les conflits d’intérêt, pressions exercées par certains organismes… il passera tout au crible. Le livre qu’il tirera de son enquête s’appellera peut-être "Le scandale du baclofène » .

La seule voie proposée jusqu’à présent aux malades alcooliques est l’abstinence, même accompagnée de médicaments anti craving, d’antidépresseur ou d’anxiolytique et de soutien psychologique, une grande majorité de malades n’arrive pas à tenir et rechute tant l’esprit doit lutter et se faire violence pour maintenir au jour le jour l’abstinence.

Si l’alternative « baclofène » permet de guérir, comme le disent les centaines de patients traités par cette molécule à la dose moyenne de 140mg/jour, cela vaut sans doute le coup d’être essayé ...
Message édité 10 fois, dernière édition par Sylvie, 24 Mai 2011, 10:11  

Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....